Portrait de Georges-Charles-Marie dit Joris Karl Huysmans (1848-1907), écrivain, dans son intérieur. Auteur Cardon, Paul (dit Dornac ou Paul (ou Pol) Marsan) (Paris, 06–01–1858 - Paris, 10–01–1941), photographe. Dates : Entre 1885 et 1895.

La lettre de Huysmans à Théodore Hannon datée du 11 mars 1879 est une lettre de félicitations, écrite sur le succès des Sœurs Vatard ; Huysmans y célèbre les ventes, évoque les attaques critiques, et lance sa boutade finale : « Enquiquinons la bourgeoisie ! ».

Cette lettre est signalée comme une lettre autographe signée, datée par l’éditeur de manuscrits du 11 mars 1879.
Le contenu tourne autour de la réception de Les Sœurs Vatard, paru le 26 février 1879, que Huysmans présente comme un succès rapide, à la fois commercial et d’estime.
Il mentionne aussi les réactions hostiles de la presse et termine sur un ton provocateur, mêlant verve, ironie et défi envers la bourgeoisie.

Huysmans apparaît ici comme un écrivain encore proche de sa veine naturaliste, volontiers truculent, mordant et très libre de ton dans la correspondance.
La notice le décrit comme un « magnifique exemple de la verve de Huysmans épistolier », ce qui souligne combien la lettre devient chez lui un lieu d’expression plus spontané que l’œuvre publiée.
Le fait qu’il s’adresse à Hannon en ami et en confident explique ce mélange de franchise, de jubilation et de provocation.

Théodore Hannon est présenté comme un poète et peintre belge, ami de Huysmans, et un interlocuteur littéraire de premier plan.
La correspondance entre les deux hommes naît du fait que Hannon avait écrit un article sur Marthe, histoire d’une fille, premier roman de Huysmans.
Huysmans préfacera d’ailleurs plus tard Rimes de joie de Hannon, ce qui confirme une relation de sympathie et d’échanges artistiques.

La lettre reflète d’abord une préoccupation commune pour la littérature comme affaire de style, de réception et d’audace.
Chez Huysmans, on voit la satisfaction du succès, mais aussi l’intérêt pour la bataille critique autour du naturalisme.
Chez Hannon, en arrière-plan, se devine l’attention d’un poète-artiste aux œuvres nouvelles, aux alliances esthétiques et aux réseaux de complicité franco-belges.
En somme, cette lettre met en scène une amitié littéraire où l’on parle à la fois de carrière, de création, de scandale et de positionnement esthétique.

 


 

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