Les écrits de Léonard sont avant tout des carnets, codex, feuillets et notes couvrant tous les domaines de son activité intellectuelle : optique, hydrologie, géométrie, astronomie, botanique, machines hydrauliques, ingénierie militaire, anatomie, peinture, architecture, observations quotidiennes, listes, comptes, aphorismes. 

Contrairement à un Cicéron, un Pétrarque ou un Voltaire, Léonard n’est pas un épistolier. Sa correspondance conservée est faible en volume, peu littéraire, et presque toujours professionnelle : demandes de mécénat (notamment à Ludovic Sforza, puis aux Médicis), propositions de services (ingénierie militaire, architecture, hydraulique), organisation de travaux (peintures, commandes, projets techniques), questions administratives (paiements, déplacements, matériel), recommandations ou lettres de présentation. Les principaux destinataires en sont Ludovic Sforza, duc de Milan, César Borgia, pour lequel il travaille comme ingénieur militaire, les Médicis, à Florence des fonctionnaires, intendants,  et collaborateurs, quelques savants ou artistes, mais très peu de lettres privées subsistent. Les historiens estiment que seules quelques dizaines de lettres sont conservées ou identifiées. Elles sont souvent intégrées dans les codex ou citées dans les éditions critiques, mais ne constituent pas un corpus autonome comparable à celui d’autres figures de la Renaissance.

Même si ce ne sont pas des lettres, ses manuscrits ont une valeur littéraire reconnue : écriture spéculaire (miroir), qui crée une poétique du secret, fragmentation : notes brèves, aphorismes, éclats d’observation; style visionnaire : descriptions du Déluge, de la Bataille, célébrées pour leur puissance littéraire; mélange des registres : mathématiques, poésie, mécanique, méditation; écriture du regard : tout part de l’observation, du visible, du mouvement.

Les lettres et manuscrits de Léonard sont aujourd’hui dispersés dans plusieurs institutions : Institut de France (Paris) 12 manuscrits (A à M). Ensemble cohérent, conservé depuis la saisie napoléonienne. Bibliothèque Ambrosienne (Milan) Codex Atlanticus, immense compilation de feuillets. Windsor Castle (Royal Collection) dessins anatomiques, études scientifiques. British Museum, South Kensington, Vatican, Turin, feuillets isolés, codex partiels. Les manuscrits ont été publiés en fac-similés et transcriptions, notamment dans l’édition en 6 volumes (1882–1891) recensant 2 178 folios.

Les Manuscrits de l’Institut de France constituent un ensemble majeur : 12 carnets (A à M, sans J), datés 1497–1515, conservés à l’Institut de France. Ils contiennent des études d’optique, d’ombres, de mécanique, d’architecture, de vol des oiseaux, etc.

Ces carnets ont été dispersés après sa mort, puis rassemblés partiellement par des collectionneurs comme Pompeo Leoni et Galeazzo Arconati, avant d’être saisis par Napoléon et versés à l’Institut.


 

Retour à l'accueil