Les écrits de la Shoah, tels que témoignages, lettres et journaux personnels, sont souvent récupérés via des dons volontaires ou par hasard lors de découvertes familiales. Le Mémorial de la Shoah à Paris organise des collectes hebdomadaires pour ses archives, acceptant des centaines de donations annuelles liées à un devoir de transmission mémorielle.

Ces documents proviennent principalement de survivants ou descendants, motivés par une tradition juive de mémoire ("midor lador", de génération en génération). Les dons surgissent souvent par déclenchement fortuit, comme un décès ou un déménagement, ou par des campagnes actives du Mémorial, qui acceptent les prêts pour numérisation sans tri sévère. Des exemples incluent photos de camps, étoiles jaunes ou cahiers d'enfants raflés, découverts tardivement.

Les écrits sont alloués prioritairement aux archives du Mémorial pour préservation et diffusion publique, mais aussi rendus aux familles après numérisation. Des exemplaires vont aux administrations ou institutions comme la Fondation Shoah pour publication, tandis que des restitutions concernent familles ou ayants droit, comme pour les spoliations nazies. Le processus favorise la transmission intergénérationnelle sans perte d'original pour les donateurs.

Chaque don est évalué par des archivistes : contexte familial recueilli (naissance, histoire), tri par pertinence (photos, lettres 1880-1948), puis catalogage avec mots-clés pour recherche. Un comité scientifique (historiens, anciens déportés) examine les manuscrits pour authenticité, comme à la Fondation Shoah. Cela humanise les listes de déportés, via projets comme "Un visage sur un nom" (21 200 photos collectées).

Les principaux bénéficiaires sont les chercheurs, familles en quête d'origines et grand public via catalogues en ligne ou expositions. Les descendants se reconstruisent via ces fonds (ex. : photo d'un père déporté découverte à 80 ans), tandis que publications atteignent "véritables destinataires" pour vigilance future. Les archives servent ainsi à la prévention des crimes contre l'humanité.

De nombreuses familles ont restitué leurs archives juives liées à la Shoah, souvent via le Mémorial de la Shoah à Paris ou d'autres institutions, pour préserver la mémoire de leurs proches déportés.

Au Mémorial, des descendants de survivants ou victimes déportées confient régulièrement photos, lettres et cahiers : une femme née en 1944 a découvert à 80 ans le visage de son père déporté grâce à ces échanges familiaux. Des non-Juifs ont aussi remis des photos de classe et cahiers d'enfants juifs raflés en 1942, conservés des décennies par leurs familles.

Les archives d'Abraham Furtado, Pierre Mendès France, René Cassin ou du Dr Boris Tschlenoff ont été sauvées et déposées grâce à la bonne volonté des héritiers familiaux. À l'OSE (Œuvre de Secours aux Enfants), des fonds médicaux ont été retrouvés en Suisse et Tunisie par des descendants, tandis que celles d'Edmond Fleg ont malheureusement disparu.​

Ces familles motivent leur don par un devoir de transmission "midor lador" (de génération en génération), permettant aux archives d'être numérisées, cataloguées et partagées avec chercheurs et autres familles en quête d'origines. Le Mémorial reçoit ainsi des milliers de documents par an, enrichissant un fonds de 50 000 photos familiales.

 

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