Par Jean-François Laé, le 5 mai 2026  En attendant Nadeau Numéro 243

Accouchements, fausses couches, avortements dissimulés, confessions au coin des dortoirs surgissent dans La graine de Jacqueline Manicom, sous-titré Journal d’une sage-femme. Elle y fixe, sans artifice, ces moments critiques dans un hôpital parisien, en 1973, un an avant la loi Veil autorisant l’IVG. Souffrance des femmes, violences gynécologiques, corps abîmés, racisme à chaque coin de lèvres, paternalisme du « grand patron », sont retranscrits sans fard. Un témoignage saisissant.

Publié en 1974 aux Presses de la Cité, l’ouvrage de Jacqueline Manicom, nous plonge dans l’heure de vérité des accouchements sur fond de cris continus dans les couloirs, de gémissements, des douleurs et des détresses qu’on a peine à imaginer aujourd’hui. Le tandem accouchement sans douleur/contraception étant encore dans les limbes, chaque femme se débrouille. Chacune bredouille. « Que comptez-vous faire pour ne pas avoir un autre bébé tout de suite ? – je ne sais pas ! C’est mon mari qui faisait attention ! » Hasard et destin, nous venons de là. Et que dire de la violence qui leur était faite, des institutions dos tourné, des hommes en fuite ?

Voir plus : https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/05/05/a-faire-naitre/

Jacqueline Manicom | La graine. Journal d’une sage-femme. Gallimard, coll. « L’imaginaire », 240 p., 10,50 €

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