Louis Pergaud : correspondance de guerre.
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Delphine Pergaud
Particulièrement émouvante, cette correspondance est tout d'abord un profond témoignage d'amour ; celui que Louis éprouve pour Delphine, sa femme, à qui il écrit presque tous les jours. Un témoignage d'amitié, aussi, envers les fidèles Eugène Chatot, Marcel Martinet, Léon Hennique, Lucien Descaves, Edmond Rocher, qui l'accompagnent par la pensée et le soutiennent à distance. Et un témoignage de guerre, aussi, dont Pergaud décrit les horreurs à ses amis, — mais surtout pas à Delphine, qu'il épargne le plus possible pour ne pas l'inquiéter.
A Delphine Pergaud, 17 octobre 1914
"Ma petite chérie, je ne pense qu'à toi à l'heure où j'ai le temps de penser, et j'ai souvent la nostalgie de tes bandeaux noirs, de ton col blanc, du petit creux derrière l'oreille où j'aimais tant, à l'improviste, coller mes lèvres pour te sentir frissonner et m'embrasser ensuite. Bonne petite chérie, ces beaux jours reviendront. Je vis dans cet espoir heureux et je te quitte après t'avoir serrée sur mon coeur de toutes mes forces et de toute mon âme."
À Delphine Pergaud, 29 novembre 1914
"Mon grand Mitou, je vais te quitter en pensant encore et toujours à toi. Qu'il sera beau le jour du retour, et comme nous nous aimerons."
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