L'objet se définit par un carton rectangulaire d'un poids constant, portant message, adresse et affranchissement sur la même pièce, sans enveloppe. Les décrets français fixaient dès l'origine un « carton vélin » de 3 grammes au maximum.

Époque

Format

1869 (Autriche)

12 × 8,5 cm

Siège de Paris (1870)

7 × 11 cm

1878-1950 (norme UPU)

9 × 14 cm

Depuis 1950

10,5 × 15 cm, aujourd'hui format A6 : 10,5 × 14,8 cm

Point de vocabulaire souvent inversé : au sens strict, le recto est la face portant la mention « carte postale » — c'est-à-dire la face d'adressage — l'autre constituant le verso. L'usage courant a fini par appeler recto la face illustrée.

L'histoire graphique de la carte postale est celle du remplacement progressif de la main par l'objectif, puis du plomb par la trame.

La phototypie (aussi nommée collotypie, photocollographie, héliotypie, albertypie) est le procédé central. Elle repose sur la propriété de la gélatine bichromatée insolée sur plaque de verre de ne prendre l'encre que dans les parties exposées à travers le négatif, ce qui permet un rendu à modelé continu, sans trame. Située entre la lithographie (procédé de surface) et l'héliogravure (procédé en creux), elle produit des tirages importants et bon marché, et supplante rapidement la lithographie, la similigravure, l'estampage et le coloriage dit « au patron ». Elle reste le principal mode d'impression des cartes postales jusque dans les années 1930, où l'offset la remplace. Le bromure, purement photographique, procède par tirage direct : le négatif, enchâssé dans une chambre noire, impressionne une bande de papier sensible mue par un treuil à manivelle. C'est la technique des « cartes-photos », souvent tirées en petites séries locales — mariages, commerces, événements de village — et de ce fait particulièrement précieuses pour l'histoire des territoires.

L'héliogravure décompose l'image en réservoirs d'encre gravés en creux sur un cylindre de cuivre, le report photographique servant à la gravure. Aux États-Unis, la Detroit Publishing Company doit sa notoriété au photochrome, procédé de couleur appliqué à un vaste assortiment de cartes, à partir d'un stock de négatifs constitué dès la fin des années 1890 en concurrence avec la gravure sur bois.

La chaîne d'approvisionnement associe photographes, imprimeurs, éditeurs, dépositaires et détaillants de proximité — libraires, buralistes, papetiers, hôteliers, kiosques de sites touristiques.

Éditeur

Signature

Portée et particularités

Neurdein frères (Étienne, 1832-1918 ; Louis-Antonin, 1846-1914)

« ND Phot. », marque utilisée dès 1885

Rayonnement national ; spécialistes de la carte-vue de monuments ; concessionnaires pendant plus de dix ans des clichés photographiques du service des Monuments historiques 

Léon et Lévy, puis Lévy et fils

« LL »

Rayonnement sur toute la France et l'Afrique du Nord ; nombreuses séries sur l'inondation de 1910 en région parisienne 

Lévy et Neurdein réunis

« LL » avec mention conjointe

Fusion après le décès d'Isaac Lévy en 1913 ; siège 44 rue Letellier, Paris 

Albert Bergeret

« A. B. & Cie »

Nancy ; s'unit à Humblot et Helmlinger pour former les Imprimeries réunies 

Detroit Publishing Company

États-Unis ; photochromes en couleur ; plus de 5 000 cartes et épreuves conservées pour la période 1898-1929 

Le volume industriel se lit dans un seul chiffre : 90 millions de cartes par an chez les Imprimeries réunies en 1905, soit 20 % de la production française. L'organisation des ateliers — spécialisation, transformation, montée en cadence — répond directement à la demande du public.

Les répertoires d'émetteurs révèlent par ailleurs une structure duale : à côté de quelques maisons nationales, des centaines de photographes-éditeurs locaux, souvent une seule série identifiée par ville. C'est cette longue traîne d'éditeurs de proximité qui fait de la carte postale la source iconographique la plus dense sur la France des communes.

À suivre

 

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