La correspondance entre Albert Camus et Maria Casarès, publiée sous le titre "Correspondance (1944-1959)", regroupe près de 865 lettres échangées pendant quinze ans, témoignant de la force et de la complexité de leur amour. Cette relation épistolaire débute après leur rencontre en mars 1944, puis s’intensifie à la Libération. Malgré leurs séparations fréquentes dues à leurs carrières respectives et à leurs vies personnelles, leur lien restera ininterrompu jusqu’à la mort accidentelle de Camus en janvier 1960.

Nature et portée de la correspondance

Les lettres dévoilent une passion profonde mais mature, traversée par des périodes d’absence, de retrouvailles, des élans créateurs et des réflexions sur l’art, la vie et l’engagement. Camus y exprime combien sa rencontre avec Casarès l’a transformé : « Tu es entrée, par hasard, dans une vie dont je n’étais pas fier, et de ce jour-là quelque chose a commencé de changer. J’ai appris à vivre. ». Les échanges sont également le lieu d’une confidence littéraire et artistique, Camus partageant lectures, doutes, et réussites, tandis que Casarès dévoile les coulisses de la scène et de la création théâtrale. Ce dialogue révèle une alchimie exceptionnelle, faite d’intelligence, de désir, de complicité, mais aussi d’épreuves réelles liées à la distance.

Cette correspondance, autorisée à la publication par Catherine Camus, la fille d'Albert Camus, met en lumière deux figures majeures du XXe siècle au sommet de leur art, mêlant grandeur intime et contexte historique. Le recueil est salué pour sa beauté littéraire et la vérité de ses sentiments, devenant un document unique sur l’amour, l’écriture et la condition humaine. La "Correspondance Camus–Casarès" apporte donc un éclairage précieux sur l’univers personnel de Camus et sur la trajectoire hors norme de Maria Casarès, tout en constituant un grand texte d’amour et de littérature du siècle dernier.

Extraits célèbres et passages marquants

Certaines lettres de la correspondance entre Albert Camus et Maria Casarès sont devenues emblématiques pour l’intensité de leur style, la profondeur des sentiments exprimés, et leur dimension littéraire. Ces lettres incarnent la richesse et la vérité de leur amour, mais aussi la rencontre de deux voix majeures du XXe siècle.

 

  • Lettre du 14 décembre 1949 (Camus à Casarès) :
    « Avec toi, je me sens un homme. C’est pour cela sans doute qu’il s’est toujours mêlé à mon amour une gratitude. »
  • Lettre du 9 janvier 1950 (Casarès à Camus) :
    « Je t’aime jusqu’à la folie et de ma sagesse la plus grave. »
  • Lettre du 13 février 1950 (Camus à Casarès) :
    « Je t’aimais avec de grands battements de cœur… Depuis quelques jours je vois en moi cet amour dans sa nudité (…) Si cette lettre te trouve dans ton lit, qu’elle me glisse près de toi, tiède. Ah ! Comme je te serrerai, comme je te dépouillerai vite… Je t’aime gravement et follement. Je t’embrasse du haut en bas et je te remercie, du fond du cœur, pour être rentrée dans ma vie si merveilleusement. »
  • Lettre du 22 janvier 1950 (Casarès à Camus) :
    « Je tâcherai d’être moins précise dorénavant pour ne pas exacerber tes crises d’autonomie. Mais, toi, je t’en supplie, fais comme moi. Parfois tu es atteint d’une aspiration poétique qui m’ouvre le ventre. »
  • Lettre du 6 mars 1950 (Camus durant sa convalescence) :
    « Je ne finirai pas mon essai. Mais je continuerai à travailler et quand il sera fini, j’aurai déjà retrouvé cette liberté intérieure qui me manque, la liberté de midi, la force, la joie silencieuse, celle qui dépasse le bonheur et le malheur … Si je n’ai pas travaillé autant que je l’espérais, j’ai travaillé plus profond. Et j’ai d’immenses projets qui me brûlent la tête, des œuvres, une pensée, la réalisation d’un style d’être. C’est ici que j’ai besoin de toi, comme on a besoin du soleil et de la terre, pour ne pas se perdre. »
  • Lettre du 20 mars 1950 (Casarès à Camus) :
    « Ah ! Viens mon amour ! Que je puisse enfin vivre dans l’oubli de tout le reste, la minute présente et faire d’un moment une éternité ! J’étouffe de souvenirs enterrés, engloutis, et d’espérances où tremble la crainte de la mort. »
  • Lettre de Camus à Casarès (souvent citée en exergue) :
    « Tu es entrée, par hasard, dans une vie dont je n’étais pas fier, et de ce jour-là quelque chose a commencé de changer. […] J’ai appris à vivre. »

Ces extraits sont considérés comme des sommets de la correspondance, alliant tendresse, passion, réflexion et beauté littéraire. Leur publication a permis de faire entrer cette relation dans l’histoire de la littérature amoureuse contemporaine.

Voici quelques extraits célèbres et citations clés de la correspondance entre Albert Camus et Maria Casarès, qui témoignent de la force, de la sensualité et de la profondeur de leur relation amoureuse et littéraire :

Lettre de Camus à Casarès. « Avec toi, je me sens un homme. C’est pour cela, sans doute, qu’il s’est toujours mêlé à mon amour une gratitude. »

Lettre de Casarès à Camus. « Je t’aime jusqu’à la folie et de ma sagesse la plus grave. »

Camus à Casarès, 13 février 1950. « Je t’aimais avec de grands battements de cœur… Depuis quelques jours je vois en moi cet amour dans sa nudité (…) Si cette lettre te trouve dans ton lit, qu’elle me glisse près de toi, tiède. Ah ! Comme je te serrerai, comme je te dépouillerai vite… Je t’aime gravement et follement. Je t’embrasse du haut en bas et je te remercie, du fond du cœur, pour être rentrée dans ma vie si merveilleusement. »

Casarès à Camus, 22 janvier 1950. « Je tâcherai d’être moins précise dorénavant pour ne pas exacerber tes crises d’autonomie. Mais, toi, je t’en supplie, fais comme moi. Parfois tu es atteint d’une aspiration poétique qui m’ouvre le ventre. »

Camus durant sa convalescence. « C’est ici que j’ai besoin de toi, comme on a besoin du soleil et de la terre, pour ne pas se perdre. »

Lettre très célèbre souvent citée. « Tu es entrée, par hasard, dans une vie dont je n’étais pas fier, et de ce jour-là quelque chose a commencé de changer. J’ai appris à vivre. »

Ces citations témoignent de la vibration amoureuse, de l’intellect et de la complicité entre deux êtres d’exception, et ont contribué au mythe littéraire du couple Camus–Casarès.


 

Retour à l'accueil