Laurent Mauvignier, l’art du mentir vrai : « La fiction permet de toucher une vérité tout en épargnant les gens »
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« Tout ça, c’est vrai ? », s’inquiète Alain Finkielkraut devant Laurent Mauvignier, son invité de l’émission « Répliques », sur France Culture, ce 13 septembre 2025. Quelques jours après sa parution, et deux mois avant le prix Goncourt remporté haut la main, La Maison vide tétanise déjà les lecteurs plongés dans l’écriture labyrinthique et hypnotique de Laurent Mauvignier. « L’histoire de votre famille, c’est la nôtre ! », s’extasient-ils dans les librairies où l’on fait la queue pour une signature, « la maison, le piano, où sont-ils ? ».
Depuis la sortie de son roman, fin août, l’écrivain dédicace à tour de bras et les éloges pleuvent dans la presse sur cette saga si authentique. Les Editions de Minuit, auxquelles l’auteur reste fidèle depuis ses débuts, en 1999, réimpriment en hâte ce pavé de 750 pages, annoncé dans le prologue comme la saga familiale du narrateur.
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Sur France Culture, Alain Finkielkraut s’emballe, déflorant quelques pages du foisonnant roman : « Florent Cabanel pointe le don pour le piano de votre arrière-grand-mère Marie-Ernestine, quelque chose d’un sentiment amoureux naît, puis il est mobilisé et revient avec une gueule cassée… Tout ça, c’est vrai ? » Un silence. « Je crains que Florent Cabanel n’ait pas existé, je dois l’avouer », lance Laurent Mauvignier d’une voix douce. « Je suis déçu, je ne m’en remets pas, se lamente à plusieurs reprises l’intervieweur.
« Florent Cabanel n’a pas existé, mais je l’ai fait exister », doit expliquer l’auteur, pressentant un fastidieux débat sur l’éternelle question de l’autofiction dans la littérature. Il a longtemps défendu le roman, à l’encontre de l’obsession autobiographique des écrivains de sa génération Christine Angot ou Emmanuel Carrère. Voilà qu’il est rattrapé par la vague du récit de soi.