• "Most precious were the remains of a beautiful library [...]. Here, stacked just as they were before the invasion, I found finely bound, immaculate sets of Rousseau, Voltaire, Corneille and Racine."

 

 

Alan Seeger, Letters and diary (1917)

coll. Irène de Palacio

"J'ai un rendez-vous avec la Mort", écrivait le poète-soldat américain Alan Seeger dans son poème le plus célèbre.

Il devait s'y rendre en juillet 1916, au cours de la bataille de la Somme.

Un an auparavant, il arpentait les paysages blessés de la France, pour laquelle il s'était engagé dès 1914, dans la Légion étrangère. Il rendait compte de son expérience de la guerre dans un très beau journal (Letters and diary, publié en 1917), dont est extrait le passage qui va suivre. Tombé sur un de ces paysages de ruines où plus rien ne subsiste que la désolation des combats, Seeger décrit le sentiment que lui procure la vision d'un château autrefois habité par une famille aisée. Là, au cœur de cette demeure dévastée, le bonheur impromptu de découvrir des volumes de littérature classique miraculeusement préservés des pillages offrira au poète un trop rare moment de grâce.
 

Voir plus : Journal de guerre d'Alan Seeger (Extrait) : "A desolate village of northern France"

[A lire aussi, sur Anthologia : Le dernier rendez-vous d'Alan Seeger].

 

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