Agoult, Marie Comtesse d’ . (dite Daniel Stern). Dans le Dictionnaire épris des diaristes (ébauche), de Serge Bénard
08 juin 2026Agoult, Marie Comtesse d’. (dite Daniel Stern) Mémoires, souvenirs et journaux. « Sans Liszt connaîtrait-on encore la comtesse d’Agoult ? » se demande Charles F. Dupêchez à la première ligne de sa présentation des Mémoires, souvenirs et journaux de la comtesse d’Agoult…
Marie d’Agoult, née Marie-Catherine-Sophie de Flavigny à Francfort-sur-le-Main en 1805 et morte à Paris en 1876, fut une femme de lettres française, critique et salonnière, connue sous le pseudonyme masculin de Daniel Stern choisi pour échapper au mépris masculin à l’égard des autrices. Issue d’une famille noble et formée très tôt aux lettres françaises et allemandes, elle épouse en 1827 le comte Charles d’Agoult avant de rompre avec les conventions de son milieu. Sa liaison avec Franz Liszt, qui a longtemps dominé sa postérité, ne doit pas masquer l’importance de son rôle intellectuel et politique.
Installée à Paris après 1839, elle se tourne vers le journalisme, l’essai historique et la réflexion politique, avec des positions libérales puis républicaines affirmées. Son œuvre la plus connue, Histoire de la Révolution de 1848, reste une source majeure pour l’histoire contemporaine. On lui doit aussi Nélida, Lettres républicaines et plusieurs écrits où se mêlent analyse morale, mémoire personnelle et engagement civique.
Son roman le plus connu, Nélida, est largement autobiographique et transpose sa liaison avec Liszt, ce qui en fait à la fois un texte de fiction et un document sur sa vie intérieure. Ses Esquisses morales et ses essais témoignent d’une plume critique, attentive aux idées, aux mœurs et à la vie politique de son temps.
Il faut aussi évoquer sa correspondance, aujourd’hui reconnue comme un ensemble important pour comprendre son réseau intellectuel et affectif. Les éditions modernes de sa Correspondance générale et les volumes réunissant ses échanges avec Liszt montrent la richesse de cette écriture privée, située à la frontière du dialogue amoureux, de l’observation du monde et de l’élaboration littéraire.
Enfin, ses mémoires et ses écrits de soi complètent ce corpus. Publiés sous des formes diverses après sa mort, Mes souvenirs et les Mémoires, souvenirs et journaux de la comtesse d’Agoult donnent accès à une voix rétrospective, lucide et souvent très construite, où l’intime se mêle à l’histoire politique et aux portraits d’époque.
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