La correspondance d'Anna de Noailles, entre exaltation et mélancolie
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Dernière mise à jour : 6 févr. 2025
"(...) toute ma mémoire et toute ma sensibilité m'envahissent, me possèdent et me tuent, j'étouffe d'une poésie noire qui va au delà de l'être et rejoint la mort. C'est un grand effort de vivre."
Anna de Noailles à Augustine Bulteau
29 octobre 1904
"Sévère à moi-même, j'ai pu dire souvent, dans mes instants de grande fatigue, d'inertie sans recours, de désabusement et de juste épouvante devant le néant de l'infime comme de l'infini : "Je me sens inutile, mais irremplaçable..."" écrivait Anna de Noailles (1876-1933) pour clore l'introduction de ses Mémoires, publiés sous le titre Le Livre de ma vie (1932). Ces quelques mots résument à merveille l’alliance d’orgueil et de souffrance réelle de l’écrivaine. Loin d'être une "poétesse maudite" cependant, celle qui constatait "(...) S'établissaient en moi ce profond grief contre la vie, cette hostilité envahissante et résolue, ce reproche réfléchi qui me faisait soupirer souvent" (Le Livre de ma vie) a bénéficié d'une enfance propice aux rêveries et à l'apprentissage. Issue de la noblesse roumaine, Anna reçut une éducation privilégiée, terreau fertile à sa vivacité innée.
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