Écritures de l’après-mai. Une inventivité extraordinaire qui en fait un épisode essentiel de l’histoire littéraire contemporaine.
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par Philippe Artières 14 mai 2026 En attendant Nadeau,numéro 244
Plongeant dans l’énorme massif textuel que constituent les journaux, brochures, tracts et autres affiches de la contestation du début des années 1970, Jean-François Hamel entreprend, dans Les feuilles de l’après-mai, de montrer comment ces écritures militantes et collectives en France sont traversées par une inventivité extraordinaire qui en fait un épisode essentiel de l’histoire littéraire contemporaine.
Si les regards se sont beaucoup portés sur les dazibaos qui couvrirent les murs de la Sorbonne et des universités françaises en mai-juin 1968, l’après-mai, comme on le nomme, qui correspond aux années Marcellin, du nom du ministre de l’Intérieur qui occupa cette fonction de juin 1968 à février 1974, a été moins travaillé. Jean-François Hamel, déjà auteur de plusieurs ouvrages remarqués dont Nous sommes tous la pègre. Les années 68 de Blanchot (Minuit, 2018), s’est saisi de l’énorme corpus des écrits contestataires de ceux que l’on nommait alors les gauchistes, mais aussi de celles et ceux qui rejoignirent ce mouvement et qui, faute de parvenir à faire la révolution, voulaient changer la vie de tous les jours, les féministes, les prisonniers révoltés, les homosexuel·les… Dans Les feuilles de l’après-mai, ce chercheur en littérature propose une très fine analyse de ce corpus désormais conservé dans les archives, mobilisant une grille de lecture particulièrement originale dépliée avec élégance et largement illustrée.
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Jean-François Hamel | Les feuilles de l’après-mai. Une histoire littéraire du gauchisme. Amsterdam, 270 p., 21 €