Correspondance entre Freud et sa future épouse, Martha Bernays. Environ 1 539 lettres envoyées par Freud à Martha, plus celles de Martha, pour un ensemble prévu en cinq volumes édités intégralement depuis 2011
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La correspondance principale entre Martha Bernays (future épouse de Sigmund Freud) et Freud concerne leur période de fiançailles, un échange intense et documenté connu sous le nom de Brautbriefe. Elle révèle un Freud jeune, passionné et déjà imprégné des idées qui fonderont la psychanalyse. Bien que partiellement éditée en français, elle suscite encore un intérêt chez les chercheurs et lecteurs spécialisés.
Les lettres s'étendent de juin 1882 à septembre 1886, durant les quatre ans de fiançailles secrètes de Freud (26 ans au début) et Martha (21 ans), séparés par la distance entre Vienne et Hambourg. Freud écrivait plusieurs fois par semaine, avec des missives longues et fréquentes, même depuis Paris où il effectuait un stage. Après leur mariage en 1886, les échanges s'amenuisent fortement, se limitant à des nouvelles familiales ou voyages.
La durée totale couvre environ 1 539 lettres envoyées par Freud à Martha, plus celles de Martha, pour un ensemble prévu en cinq volumes édités intégralement depuis 2011 (Fischer Verlag). Avant cela, seules une centaine étaient publiées (en 1960), le reste étant inaccessible par volonté des héritiers comme Anna Freud.
Les lettres sont passionnées, amoureuses et possessives : Freud y exprime jalousie, exigence d'allégeance absolue, mais aussi ses doutes, son travail médical et les germes de concepts psychanalytiques (transfert, inconscient). Elles montrent un Freud ombrageux, tyrannique par moments, transformé par l'amour, et révèlent la dynamique intime du couple.
Elles reflètent la position de Freud comme amoureux idéaliste et proto-psychanalyste : l'amour y apparaît comme un "transfert" précoce, avec Martha en rôle d'"analyste zéro". Pour Martha, elles montrent une femme aimée mais effacée post-mariage, gérant foyer et six enfants, en retrait de la carrière freudienne.
L'édition intégrale (2011) a été saluée comme un document clé de la "préhistorique de la psychanalyse", sortant Martha de l'ombre et nuançant l'image du jeune Freud. Chez les psychanalystes, elle est vue comme révélatrice des origines théoriques (germes de la méthode), bien que longtemps bloquée par les archives Freud. Le public l'accueille comme un portrait intime fascinant, loin du mythe du mariage bourgeois conventionnel.
Des sélections paraissent en français (ex. Correspondance 1873-1939, Gallimard, incluant des lettres à Martha), mais l'intégrale reste en allemand (5 volumes, 2011-2019). Des lecteurs persistent : ouvrages cités dans critiques récentes (2015-2021), analyses académiques et articles soulignent son actualité pour historiens de la psychanalyse. En 2026, elle attire encore chercheurs et passionnés via bibliothèques numériques et études.