La correspondance entre Marie d'Agoult (dite Daniel Stern) et Hortense Allart s'étend effectivement de 1838 à 1876, marquant une amitié improbable entre deux femmes aux caractères opposés : l'une espiègle et bourgeoise, l'autre critique acerbe et aristocrate. Cette longue relation épistolaire, malgré leurs différences idéologiques (monarchiste conservatrice pour Allart, républicaine pour d'Agoult), a été publiée notamment dans Hortense et Marie, une si belle amitié 1838-1876 de Charles Dupêchez (Flammarion, 2018), et des extraits inédits sous le Second Empire par Meritens en 1960.
En 1838, Marie d'Agoult, pseudonyme Daniel Stern, sort d'une période intense : séparation d'avec son mari en 1835 et liaison passionnée avec Franz Liszt jusqu'en 1839, période qui voit naître trois enfants (Blandine en 1835, Cosima en 1837, Daniel en 1839). La correspondance avec Allart débute alors qu'elle s'installe à Paris, entamant sa carrière littéraire sous pseudonyme masculin et nouant des liens avec George Sand.
  • 1846-1850 : Publication du roman Nélida (1846), semi-autobiographique sur sa relation avec Liszt, et surtout Histoire de la Révolution de 1848 sous le nom de Daniel Stern, œuvre historique majeure analysant les événements politiques.
  • Années 1850-1870 : Tenue d'un salon républicain fréquenté par Émile Ollivier, Jules Grévy ou Littré ; engagement politique sous le Second Empire.
  • 1876 : Mort de Marie d'Agoult à Paris le 5 mars, à 70 ans, coïncidant avec la fin de la correspondance.

Cette période transforme Stern en figure intellectuelle engagée, de l'intimité privée à l'analyse publique des révolutions européennes.

Hortense Allart joue un rôle essentiel comme confidente et amie épistolaire de Marie d'Agoult (Daniel Stern), à travers une correspondance soutenue de 1838 à 1876, qui transcende leurs divergences politiques et tempéramentales. Malgré des visions opposées – Allart monarchiste conservatrice et espiègle, Stern républicaine engagée –, cette relation offre à Stern un soutien affectif précieux dans une période de ruptures personnelles et d'affirmation intellectuelle.

Allart, femme libre et féministe avant l'heure, admire Stern pour sa maternité illégitime avec Liszt et défend farouchement sa liberté sexuelle, voyant en elle un modèle similaire malgré leurs différences. Leur rencontre en 1837 à Florence, en présence de Liszt, marque le début d'une complicité qui perdure, Allart apportant à Stern une oreille bienveillante loin des cercles parisiens dominants comme celui de George Sand.

Allart entretient un vaste réseau (Sainte-Beuve, George Sand, Bulwer-Lytton), enrichissant indirectement Stern par des échanges sur la littérature, la politique et la condition féminine, comme en témoigne la publication posthume de leurs lettres par Charles Dupêchez. Ce lien compense les difficultés financières et personnelles d'Allart tout en offrant à Stern une confidente extérieure à son salon républicain, favorisant une réflexion personnelle sur l'émancipation des femmes.

 

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