Du bas latin epitaphium, emprunté au grec epitáphion (de epí, « sur », et táphos, « tombeau »), l'épitaphe est attestée en français dès 1160 environ, dans Énéas, au sens d'« inscription gravée sur un tombeau ».

Sens propre. Inscription placée sur une tombe pour rappeler le souvenir d'un défunt : soit par la seule mention du nom et des dates, soit par un texte évoquant, souvent de façon élogieuse, sa personnalité ou les étapes de sa vie. L'Académie ajoute la nuance de la fiction : l'inscription peut être réelle, ou « supposée faite pour être mise sur un tombeau ».

Sens architectural. Par métonymie, la tablette de marbre, de bronze ou de cuivre fixée au mur d'une église ou contre un pilier et portant cette inscription. Le mot est féminin, comme épigramme et épigraphe.

Sens littéraire. Poème bref — élogieux, élégiaque ou satirique — destiné en principe à servir d'inscription funéraire. Née de l'épigramme grecque gravée sur la pierre, l'épitaphe s'en détache pour devenir un genre autonome dès l'Anthologie grecque, où elle témoigne d'un double caractère religieux et moral. Furetière notait déjà qu'elle désigne « certains éloges en prose ou en vers qui demeurent sur le papier, sans aucun dessein de les faire graver ».larousse+1

La tradition française en exploite tous les registres : le badinage funèbre de Marot, l'Épitaphe de Rabelais par Ronsard, les hommages de Baïf et Belleau, les épitaphes d'animaux familiers (le moineau de Catulle, la chienne de Martial), et surtout l'autoépitaphe, monument mélancolique ou ironique que l'auteur consacre à sa propre mémoire. Au XVIIIe siècle, le genre devient un jeu réglé avec les conventions sociales et religieuses, dominé par l'inévitable ci-gît.

Locution figurée : faire l'épitaphe de quelqu'un, dire après sa mort le bien ou le mal qu'on en pense.

 

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