L'épigraphe est une courte citation placée en tête d'un livre, d'un chapitre ou d'un poème, et destinée à en éclairer le propos. Du grec epigraphê (« inscription »), le mot désigne d'abord, en archéologie et en épigraphie, un texte gravé sur la pierre, le marbre ou le métal : dédicace de temple, inscription funéraire, légende de monument. Par glissement métaphorique, il s'est appliqué au seuil du livre imprimé, cette inscription liminaire qui fonctionne comme le fronton d'un édifice.

Genette, qui la range parmi les éléments du paratexte dans Seuils, la distingue de la dédicace (adressée à une personne) et de l'exergue (au sens strict, l'espace où s'inscrit une formule). L'épigraphe se compose ordinairement de deux parties : le fragment cité et l'attribution — nom de l'auteur, parfois titre de l'œuvre. Elle peut être empruntée à un classique, à un contemporain, à un texte sacré, à un proverbe ; elle peut aussi être apocryphe, forgée par l'écrivain lui-même et attribuée à un auteur imaginaire, ruse dont Stendhal et Walter Scott ont usé abondamment.

Ses fonctions sont multiples. Elle commente le titre ou annonce le thème ; elle place l'ouvrage sous le patronage d'une autorité littéraire et signale ainsi une filiation, un goût, une appartenance ; elle produit un effet d'attente, voire d'énigme, dont le sens ne se découvre qu'à la lecture achevée. Chez Balzac, Baudelaire, Nerval, Gide, elle relève tout ensemble de la clef herméneutique et du geste de connivence adressé au lecteur cultivé. Chez d'autres, elle devient ornement pur, signe de distinction.

Sa présentation obéit à des conventions typographiques stables : caractères plus petits que le texte, italique fréquente, justification à droite ou centrée, page ou espace propre. Le romantisme français en fit un usage systématique, au point que l'épigraphe passa pour une manie d'époque ; la prose contemporaine y recourt plus sobrement, mais elle demeure l'un des seuils les plus expressifs du livre, ce lieu où l'auteur, avant de parler en son nom, laisse parler un autre pour lui.

 

L'épigraphe est une courte citation placée en tête d'un livre, d'un chapitre ou d'un poème, et destinée à en éclairer le propos. Du grec epigraphê (« inscription »), le mot désigne d'abord, en archéologie et en épigraphie, un texte gravé sur la pierre, le marbre ou le métal : dédicace de temple, inscription funéraire, légende de monument. Par glissement métaphorique, il s'est appliqué au seuil du livre imprimé, cette inscription liminaire qui fonctionne comme le fronton d'un édifice.

Genette, qui la range parmi les éléments du paratexte dans Seuils, la distingue de la dédicace (adressée à une personne) et de l'exergue (au sens strict, l'espace où s'inscrit une formule). L'épigraphe se compose ordinairement de deux parties : le fragment cité et l'attribution — nom de l'auteur, parfois titre de l'œuvre. Elle peut être empruntée à un classique, à un contemporain, à un texte sacré, à un proverbe ; elle peut aussi être apocryphe, forgée par l'écrivain lui-même et attribuée à un auteur imaginaire, ruse dont Stendhal et Walter Scott ont usé abondamment.

Ses fonctions sont multiples. Elle commente le titre ou annonce le thème ; elle place l'ouvrage sous le patronage d'une autorité littéraire et signale ainsi une filiation, un goût, une appartenance ; elle produit un effet d'attente, voire d'énigme, dont le sens ne se découvre qu'à la lecture achevée. Chez Balzac, Baudelaire, Nerval, Gide, elle relève tout ensemble de la clef herméneutique et du geste de connivence adressé au lecteur cultivé. Chez d'autres, elle devient ornement pur, signe de distinction.

Sa présentation obéit à des conventions typographiques stables : caractères plus petits que le texte, italique fréquente, justification à droite ou centrée, page ou espace propre. Le romantisme français en fit un usage systématique, au point que l'épigraphe passa pour une manie d'époque ; la prose contemporaine y recourt plus sobrement, mais elle demeure l'un des seuils les plus expressifs du livre, ce lieu où l'auteur, avant de parler en son nom, laisse parler un autre pour lui.

L'épigraphe est une courte citation placée en tête d'un livre, d'un chapitre ou d'un poème, et destinée à en éclairer le propos. Du grec epigraphê (« inscription »), le mot désigne d'abord, en archéologie et en épigraphie, un texte gravé sur la pierre, le marbre ou le métal : dédicace de temple, inscription funéraire, légende de monument. Par glissement métaphorique, il s'est appliqué au seuil du livre imprimé, cette inscription liminaire qui fonctionne comme le fronton d'un édifice.

Genette, qui la range parmi les éléments du paratexte dans Seuils, la distingue de la dédicace (adressée à une personne) et de l'exergue (au sens strict, l'espace où s'inscrit une formule). L'épigraphe se compose ordinairement de deux parties : le fragment cité et l'attribution — nom de l'auteur, parfois titre de l'œuvre. Elle peut être empruntée à un classique, à un contemporain, à un texte sacré, à un proverbe ; elle peut aussi être apocryphe, forgée par l'écrivain lui-même et attribuée à un auteur imaginaire, ruse dont Stendhal et Walter Scott ont usé abondamment.

Ses fonctions sont multiples. Elle commente le titre ou annonce le thème ; elle place l'ouvrage sous le patronage d'une autorité littéraire et signale ainsi une filiation, un goût, une appartenance ; elle produit un effet d'attente, voire d'énigme, dont le sens ne se découvre qu'à la lecture achevée. Chez Balzac, Baudelaire, Nerval, Gide, elle relève tout ensemble de la clef herméneutique et du geste de connivence adressé au lecteur cultivé. Chez d'autres, elle devient ornement pur, signe de distinction.

Sa présentation obéit à des conventions typographiques stables : caractères plus petits que le texte, italique fréquente, justification à droite ou centrée, page ou espace propre. Le romantisme français en fit un usage systématique, au point que l'épigraphe passa pour une manie d'époque ; la prose contemporaine y recourt plus sobrement, mais elle demeure l'un des seuils les plus expressifs du livre, ce lieu où l'auteur, avant de parler en son nom, laisse parler un autre pour lui.

 

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