Ces fragments, notes, aphorismes et confessions constituent une autobiographie éclatée, où se mêlent méditations morales, aveux de misère, réflexions sur l’art, haines, colères, prières, souvenirs d’enfance et de vie familiale. Ils révèlent un Baudelaire lucide, violent, mystique, désespéré, et sont essentiels pour comprendre son rapport à lui-même et au monde.

Poète, critique d’art et traducteur, il est l’auteur des Fleurs du mal et l’une des figures fondatrices de la modernité poétique. 

Né le 9 avril 1821 à Paris où il décédera le 31 août 1867. Son père, Joseph‑François Baudelaire, haut fonctionnaire et amateur d’art, est mort en 1827. Sa mère, Caroline Aupick (née Dufays), remariée en 1828 avec le militaire Jacques Aupick. Baudelaire ne se marie pas ; il entretient une relation longue et tumultueuse avec Jeanne Duval. Il vit souvent seul, dépendant financièrement de sa mère.

La mort du père en 1827 ouvre une période de fusion affective entre Baudelaire et sa mère. Il évoquera plus tard un « amour passionné » pour elle. Le remariage de Caroline avec Jacques Aupick, officier rigide et ambitieux, est pour Baudelaire un traumatisme fondateur : il se sent dépossédé de l’amour maternel et rejeté dans un univers d’ordre militaire qu’il exècre. Cette blessure structure son spleen, nourri d’un sentiment de paradis perdu, son hostilité envers l’autorité, sa vie d’adulte, marquée par les dettes, l’indiscipline et une quête d’absolu esthétique.

Baudelaire est un épistolier majeur. Sa correspondance, abondante, éclaire sa vie littéraire et affective. Principaux ensembles : lettres à sa mère (poignantes, souvent suppliantes, mêlant amour, reproches et demandes d’argent), lettres à Jeanne Duval (témoignage de leur relation complexe), correspondance littéraire (échanges avec Théophile Gautier, Sainte‑Beuve, éditeurs, critiques), lettres sur l’art (notamment autour de Delacroix et de Wagner, où Baudelaire expose sa pensée esthétique). Cette correspondance montre un homme dépendant, hypersensible, brillant, et constitue un complément indispensable à son œuvre poétique.

 

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