Par Corinne Amar

On croyait l’œuvre et la vie de Marcel Proust explorées jusque dans leurs replis les plus secrets et voici qu’apparaît un ensemble de cent lettres inédites, recueillies parmi les papiers conservés par l’écrivain lui-même et récemment entrées à la Bibliothèque nationale de France. Réunies sous le titre Cent lettres inédites. Correspondance retrouvée (1886-1922), ces pages ouvrent une fenêtre supplémentaire sur l’existence quotidienne, les affections, les inquiétudes et le travail de celui qui a fait du souvenir et de la mémoire, l’une des aventures les plus élevées de la littérature.1 Les lettres de Marcel Proust, si on les compare à son roman, lui ressemblent à peu près dans la mesure où l’envers d’une tapisserie ressemble à l’endroit, écrivait Philippe Kolb, dans son Avant-propos à la Correspondance de Marcel Proust : On y distingue tous les fils, toutes les couleurs ; ce qui manque, c’est la netteté du dessin, le fini, l’art en somme. De même, dans les lettres de Proust, nous retrouvons beaucoup de ce qu’il a mis dans son œuvre, mais nous voyons cela sous un jour moins poétique, plus véridique.2
Les lettres, les brouillons de courrier, les billets parfois jamais envoyés suivent le fil de son existence, entre 1886 et 1922. Ils révèlent un homme aux prises avec des préoccupations très concrètes : difficultés financières, santé fragile, relations amicales et sentimentales, gestion domestique ou encore, soucis liés à l’élaboration de son œuvre.

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