Par Jean-Philippe Bouilloud

À travers une recherche portant sur vingt-sept récits autobiographiques de sociologues, psychosociologues et anthropologues, différents points émergent quant à l’écriture de soi de ces chercheurs. Les topoï du récit qui apparaissent régulièrement dans les autobiographies intellectuelles sont la justification du projet et de ses positions, l’exemplarité de l’auteur, la genèse des théories et l’importance de la réflexivité pour la recherche elle-même. L’analyse transversale, portant sur un corpus constitué principalement de sociologues, mais aussi de psychosociologues, d’anthropologues et de psychologues, montre l’importance du bricolage intellectuel, le poids des rencontres et des bifurcations, l’importance des souffrances initiales qui vont se transformer en projet de recherche, et la prévalence du « père » dans les récits. Si l’autobiographie a toujours été un genre « amateur », la réglementation actuelle et son injonction autobiographique vont probablement institutionnaliser une pratique et, peut-être, donner lieu à un nouveau « genre » d’écriture autobiographique.

Voir plus : https://doi.org/10.4000/rhc.5885

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