Michèle Leleu dans le Dictionnaire épris des diaristes (ébauche) de Serge Bénard
26 juin 2026/image%2F7219821%2F20260626%2Fob_9b7b85_bco-77140999-fe3e-4460-9c57-bbf64af9a5.png)
Michèle Leleu, née à Lille le 21 octobre 1920 et morte à Briançon le 5 juin 1975 fut une critique littéraire française et une pionnière des études sur le journal intime. Elle est surtout connue pour avoir proposé en 1952 le néologisme « diariste » pour désigner l’auteur d’un journal intime.
Michèle Leleu fit carrière dans la critique et l’histoire littéraire, publiant des travaux consacrés aux formes intimes de l’écriture et aux auteurs qui tiennent un journal personnel. Son ouvrage majeur Les Journaux intimes (PUF, 1952) constitue l’une des premières études systématiques en langue française sur le genre du journal, où elle rassemble descriptions, analyses et typologies des pratiques d’écriture intime.
C’est dans ce livre qu’elle introduit et justifie le mot « diariste », emprunté à l’anglais diarist et recomposé à partir du vieux français diaire; la proposition lexicalisée s’est rapidement diffusée dans les milieux critiques et dans les dictionnaires contemporains. Par cette innovation terminologique, Leleu voulait affirmer la spécificité du journal intime comme pratique d’écriture à la fois quotidienne et rétrospective, distincte d’autres formes autobiographiques comme les mémoires ou les confessions publiques.
Sur le plan méthodologique, Michèle Leleu articule dans ses analyses un double intérêt : décrire les formes (rituels d’écriture, périodicité, matériel du journal) et comprendre les motivations psychologiques et littéraires des diaristes. Elle s’appuie sur une lecture comparée d’exemples historiques et modernes pour dégager des types — scrupuleux chroniqueur, diariste-confident, diariste artistique — montrant comment le journal peut être à la fois un outil de mémoire et un laboratoire d’écriture.
Son approche a eu une influence durable : non seulement le lexique (diariste) s’est imposé, mais sa manière d’envisager le journal comme genre protéiforme a préparé les recherches ultérieures en études autobiographiques et en critique des écritures intimes. Michèle Leleu est décédée le 5 juin 1975 à Briançon, laissant derrière elle une contribution fondatrice aux études du journal intime en français.
Exemple d’usage : dire aujourd’hui d’un écrivain qu’il est « diariste » renvoie directement à l’initiative terminologique de Leleu et à la reconnaissance du journal comme objet littéraire digne d’analyse critique.