par Joshua J. Mark, traduit par Nicolas Santucci

Publié le 11 janvier 2026

Roger Williams (1603-1683) était un puritain séparatiste qui croyait en la séparation de l'Église et de l'État et la défendait, affirmant que la politique corrompait la religion. Il défendit cette politique dans plusieurs de ses écrits, mais surtout dans sa Lettre à la ville de Providence (1655), dans laquelle il compare une communauté à un navire sur lequel de nombreuses personnes aux croyances et aux modes de vie différents naviguent vers une destination commune. Tout comme le capitaine du navire peut discipliner les passagers et l'équipage dans l'intérêt de l'ordre et de la sécurité commune, mais pas en matière de religion, un magistrat n'avait d'autorité que sur les questions civiles, et non religieuses.

Statue de Roger Williams, Prospect Park

Josh McGinn (CC BY-ND)

Les opinions de Williams étaient si controversées et contestées à son époque qu'il fut banni de la colonie de la baie du Massachusetts et quitta la colonie de Plymouth en mauvais termes. Il refusait de transiger sur ses convictions selon lesquelles les êtres humains avaient une liberté innée, donnée par Dieu, de pratiquer leur religion comme leur conscience individuelle le leur dictait, ce qui l'amena à entrer en conflit avec les puritains de Boston et les séparatistes de la colonie de Plymouth. Après avoir été banni de Boston, il fonda la Providence Plantation dans la région de l'actuel Rhode Island (aujourd'hui Providence), qui accueillait tout individu, quelles qu'aient été ses croyances ou ses origines.

Lettre à la ville de Providence fut écrite pour répondre aux accusations des autres colonies selon lesquelles Williams prônait l'anarchie en mettant l'accent sur l'idéal de la liberté de conscience individuelle en matière de croyance religieuse. Il clamait haut et fort qu'aucun gouvernement n'avait le droit de dicter les croyances de ses citoyens ni de les punir pour avoir refusé de s'y conformer. Le gouvernement avait la responsabilité de maintenir l'ordre dans les affaires civiles, mais n'avait pas le pouvoir de punir les gens pour leur relation avec Dieu. Ses opinions l'éloignèrent davantage des autres colonies, où l'Église et l'État étaient étroitement liés, mais permirent à Providence de s'épanouir en tant que centre religieux et culturel inclusif, qui devint un modèle pour le futur gouvernement.

Voir plus : https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1662/lettre-a-la-ville-de-providence-de-roger-williams/

 

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