Dans Communiquer à tout prix, Nicholas Carr détaille les risques que les réseaux sociaux font peser sur nos sociétés – délabrement du tissu social, radicalisation des opinions, appauvrissement culturel… Un essai clair et documenté qui fournit quelques pistes pour atténuer leur influence néfaste.
L’une des trois citations en exergue du livre semble frappée au coin du bon sens : « Nous ne pouvons rien comprendre à l’ère moderne si nous ne percevons pas la façon dont la révolution dans la communication a créé pour nous un nouveau monde. » Il se trouve que son auteur, le sociologue Charles Horton Cooley, l’a écrite en 1897. Carr commence son livre en introduisant ce « précurseur peu ordinaire », le premier à avoir employé l’expression « réseau social ». Cooley a également affirmé que « chaque fois que les mécanismes de la communication évoluent, la société évolue avec eux ». Les exemples d’un tel phénomène sont connus, le plus spectaculaire étant sans doute l’invention de l’écriture, qui pour la première fois a permis à deux personnes d’échanger des informations sans être à portée de voix, mais l’imprimerie, le télégraphe, le téléphone, la radio, la télévision et le web ont aussi engendré leur lot de mutations sociales. Force est de constater que Cooley avait vu juste en ce qui concerne l’existence d’un lien de cause à effet entre le médium que l’on emploie pour communiquer et l’impact qu’il génère. Il est également l’un des premiers à souligner que ce médium est plus important que le contenu des messages qu’il véhicule, car c’est lui qui détermine comment ces derniers seront perçus.
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